Biographie de Georges IMBERT

(1884 - 1950)

Il l'inventeur du gazogène à bois.

A l'origine de nombreux brevets, tant allemands que français, il eut une vie d'ingénieur chimiste bien remplie.

En 1950, il mourut désintéressé de tout, après que ses biens aient été vendus comme dommages de guerre.

 Le 26 mars1884 à Niederstinzel, petite commune à une dizaine de kilomètres de Sarre-Union, est né, Georges Christian Pierre de Caroline MULLER et de Pierre IMBERT. Il est l'aîné des 4 enfants.

Son père, employé télégraphiste, deviendra chef de gare à Diemeringen.

Après des études primaires à Diemeringen, il fréquente le lycée de Sarreguemines. Vu sa réussite scolaire, son père l'inscrit à l'Ecole de Chimie de Mulhouse, l'une des plus réputées d'Europe. Au bout de trois ans, il en sort avec un diplôme d'ingénieur chimiste et la tête plein de projets.

A l'âge de 20 ans, en 1904, il dépose son premier brevet. Pendant les dix années suivantes, il développe différents procédés industriels et dépose plus d'une quinzaine de brevets.

En 1908, il met à contribution ces différents procédés, pour créer, à Diemeringen, une fabrique de savon.

Il intervient aussi en Angleterre, comme chercheur à Manchester.

De 1915 à 1918, Georges Imbert est enrôlé dans l'armée allemande où il intervient comme chimiste dans l'usine de "Königswarter et Ebell" à Linden et dans l'usine "Pintsch" à Berlin.

 

Moulin de Niederstinzel, lieu de naissance de Georges Imbert (1908)

 

Fabrique de savon à Diemeringen.où fut conçu le premier gazogène.

 

A la démobilisation en 1918, il fabrique du savon au moulin de Diemeringen, que son oncle met à sa disposition.

A la même époque, G. Imbert se lance dans des expérimentations de transformation du charbon en carburant liquide. Il réussit même à fabriquer de l'essence synthétique, malheureusement trop chère.

Il abandonne la solution du carburant liquide et s'intéresse aux générateurs à gaz. Dès 1920, il réalise un générateur fonctionnant au charbon de bois.

En 1921, Imbert construit un gazogène à charbon de bois. Deux ans plus tard (1923) il réussit la gazéification destinée à un véhicule.

Précisons qu'en 1922 à eu lieu le premier concours de gazogène en France. Ce sont les Anglais qui gagnent. Les Français ont du retard. Il faut tout faire pour la maîtrise d'une énergie nationale pour remplacer le carburant étranger.

En 1923, l'Armée, informée par De Dietrich de l'invention, demande à Georges Imbert de construire un gazogène à bois pour le Gouvernement Français.

 

 

G. Imbert devant le "Chalet" à Sarre-Union en 1930

 

 

 

A Sarre-Union, rue de Bitche, la manufacture de chapeau où Imbert installa son usine de gazogène (1925)

 

A Reichshoffen, De Dietrich, qui ont la capacité industrielle au niveau de la métallurgie et de l'automobile, lui installe un atelier de recherche dans l'usine de chemin de fer. En 1925, il fait breveter différents procédés sur les gazogènes. De Dietrich, de leur côté déposent également un brevet sur les gazogènes, ce qui pousse Imbert à mettre fin à ce partenariat en 1926.

Après avoir acheté le "Chalet", une belle demeure à Sarre-Union, il crée la Compagnie Générale des Gazogènes Imbert en 1930.

Malgré l'engouement d'André Maginot, ministre de la Guerre, le gazogène à du mal à percer en France. En 1931, Georges Imbert se voit obliger de vendre certaines de ses licences à son représentant en Allemagne.

En 1934, son frère Jean-Paul, essaie de vendre des gazogène aux Américains.

Le succès en Allemagne permet à Imbert de continuer à développer sa technique à Sarre-Union. Il met au point un gazogène pouvant utiliser du bois vert sans encrasser le moteur.

A l'évacuation de Sarre-Union en mai 1940, il s'installe avec sa famille à Epinal dans les Vosges.

A son retour en septembre de la même année, il se remet au travail en devenant salarié de son ancienne entreprise rachetée par "Imbert Köln".

 

 Publicité et plan d'un gazogène

Imbert - De Dietrich (1930)

 

La reconnaissance en 1944 par tous les constructeurs européens, du travail de Georges Imbert, marque l'apothéose de la vie de l'ingénieur chimiste. La presse allemande le nomme le "pape" du gazogène.

L'Allemagne utilise le gazogène à bois dans toutes les opérations militaires sur des chars, des automitrailleuses et des camions de transport de munitions.

A son soixantième anniversaire, pour les services rendus, l'Allemagne le décor de la "Croix du Mérite".

Ayant perdu un fils sur le front russe et se sentant responsable, sans compter que la chute de l'Allemagne était inéluctable, Imbert fou de douleur, sombra dans l'alcoolisme.

En décembre 1944, Sarre-Union est libérée par les Américains. Georges Imbert n'est pas emprisonné, du fait qu'il ai été salarié des Allemands, comme beaucoup d'autres en Europe.

Par contre, en 1945, ses biens sont mis sous séquestre et vendus comme dommage de guerre. Imbert se désintéresse de tout et décède quelques années plus tard, en 1950, à l'âge de 66 ans.

 

G. Imbert en conférence au "Chalet" à Sarre-Union en 1936.

 

Les gazogènes à bois Imbert de Sarre-Union : 80% d'économie d'énergie (1930)